La première famille regroupe les actions manuelles. Elles sont, comme leur nom l’indique, décidées par un être humain : un membre de l’équipe qualité de Google examine votre site, constate une infraction aux consignes et applique une sanction ciblée. La caractéristique décisive de l’action manuelle, c’est qu’elle vous est notifiée. Un message précis apparaît dans la section « Actions manuelles » de la Google Search Console, avec le motif et le périmètre concerné, tout le site ou seulement certaines pages. Vous savez donc que vous êtes pénalisé, et vous savez pourquoi. Cette transparence est une chance : elle transforme une enquête en une feuille de route. Une fois le problème corrigé, vous adressez une demande de réexamen, et un humain revient vérifier votre travail avant de lever la sanction.
La seconde famille regroupe les ajustements algorithmiques. Ici, aucun humain ne juge votre site individuellement et aucun message n’apparaît. Ce sont des systèmes de classement automatiques qui, à grande échelle, réévaluent la qualité et la conformité des pages. Historiquement, on a connu Panda, qui visait les contenus de faible qualité, et Penguin, qui traquait les profils de liens artificiels. Aujourd’hui, Google raisonne davantage en systèmes intégrés et en mises à jour périodiques : le système Helpful Content, qui favorise les contenus réellement utiles écrits pour les internautes, les spam updates qui répriment les pratiques manipulatrices, les core updates qui redéfinissent en profondeur l’appréciation de la qualité, et le link spam update qui neutralise les liens non naturels. Dans tous ces cas, la « sanction » n’est pas une punition nominative : c’est un reclassement. Votre site n’a pas reçu de carton rouge, il a simplement perdu la partie face à des critères rehaussés.
Cette nuance n’a rien d’académique. Avec une action manuelle, vous connaissez la cause d’emblée et vous disposez d’un canal officiel pour dialoguer avec Google. Avec un ajustement algorithmique, vous devez d’abord reconstituer le diagnostic vous-même, en croisant les dates de chute avec le calendrier des mises à jour, puis corriger le fond du problème et attendre une réévaluation automatique. Il n’existe pas de bouton « j’ai corrigé, revenez me voir » pour un filtre algorithmique : la remontée se fait lors d’un rafraîchissement ultérieur du même système, quand vos améliorations sont suffisamment installées pour être reconnues. Confondre les deux situations, c’est risquer d’envoyer une demande de réexamen inutile pour un problème algorithmique, ou d’attendre passivement une remontée automatique quand une action manuelle exigeait une démarche active.
Un point de vocabulaire mérite d’être posé. Google lui-même préfère parler de « systèmes de classement » plutôt que de « pénalités » pour les ajustements automatiques, et réserve le mot « action » aux interventions humaines. Pour un dirigeant d’entreprise à Arras ou ailleurs, la subtilité importe peu : dans les deux cas, le trafic s’effondre et le téléphone cesse de sonner. Mais pour la personne chargée de réparer, la distinction est la clé de voûte de tout le plan d’action. C’est pourquoi notre première mission, face à une baisse suspecte, consiste à trancher cette question avant toute autre : manuelle ou algorithmique ?